La relation d’objet de Lacan (1956/1957)

Bande dessinée humoristique avec un homme en colère criant à deux jeunes filles, l'une portant un chapeau et l'autre un nœud rouge, exprimant une situation cocasse et absurde.

Pour la petite fille et le petit garçon, il y a une étape fondamentale pour le développement qui est le complexe d’œdipe. Mon argumentaire se basera sur cette période cruciale pour tous les petits enfants.  

L’idée est de permettre aux enfants de se forger une sexualité hétérosexuelle à l’âge adulte. Comme ce ne sont pas des enfants de même sexe, le processus est différent mais doit parvenir au même résultat pour la fillette et le garçonnet : avoir un conjoint(e) avec une grande famille pleine d’enfants. 

Quelles sont les étapes de l’Oedipe pour la fille et le garçon ?

Dans une première partie, je rappelerai la légende d’Oedipe pour continuer sur le complexe de la petite fille pour enchainer sur l’Oedipe du petit garçon à travers l’histoire du petit Hans dont Freud parle dans un de ses ouvrages et que Lacan reprend très largement dans ses séminaires à la faculté. 

I- Le complexe d’Oedipe chez la fille

La fille veut se marier et fonder une famille avec son père en évinçant sa mère. Elle passe par plusieurs étapes pour comprendre que c’est un souhait monstrueux. Son père doit lui expliquer qu’il l’aime mais qu’il fait des enfants uniquement avec sa mère. Elle doit comprendre ce fait et l’accepter. 

A- Le mythe oedipien

Oedipe était le fils du roi de Thèbes Laïos et de son épouse Jocaste. A la naissance d’Oedipe, l’oracle de Delphes prédit que le bébé tuera son père et épousera sa mère. Le couple royal de Thèbes exile leur enfant dans une cour lointaine. 

Oedipe devient un homme. Un jour, il rencontre Laïos sur son chemin et le tue. Il arrive à Thèbes et épouse Jocaste. Ensemble, ils ont quatres enfants : deux filles et deux garçons. 

Lorsqu’il découvre ce qu’il a fait, il se crève les yeux et devient aveugle. C’est sa punition pour ses deux forfaits. Il quitte Thèbes avec une de ses filles, Antigone qui continue à le soutenir jusqu’à sa mort.

Pendant ce temps, à Thèbes, les deux frères se battent pour savoir qui sera roi mais leur oncle impose sa domination et les deux frères meurent. 

Lorsqu’Antigone revient à Thèbes après la mort de son père, un de ses frères est enterré et l’autre pourrit au soleil car l’oncle a interdit qu’on lui offre une sépulture décente. Révoltée par la situation, Antigone l’enterre une nuit et le lendemain, les habitants de Thèbes se réveillent et constatent ce qui a été réalisé. Le roi de Thèbes, furieux, condamne Antigone à être enterrée vivante. Ainsi fut fait et Antigone se prépare à mourir lentement dans sa sépulture, sans nourriture ni eau. De la fratrie initiale, il ne reste que la seconde fille, Ismène. 

B- Le phénomène de castration

Chez la petite fille, l’Oedipe est différent de celui du petit garçon. Il faut lui expliquer que son père aime sa mère et qu’il ne fera des enfants qu’avec sa mère. La petite fille comprend qu’elle va devoir renoncer symboliquement à son père et elle va détester sa mère. Ce sera son premier deuil, sa plus grande tristesse. C’est la période la plus compliquée pour les parents car ils ne peuvent pas revenir sur leurs explications même si les larmes et la tristesse dévastent leur petite fille. Pour un Oedipe bien fait, il ne faut surtout pas revenir sur les explications. C’est pour son avenir, pour son bien. 

Adulte, si elle est hétérosexuelle, c’est qu’il n’y a pas de problème avec le complexe oedipien. Si elle veut des enfants, c’est gagné. 

Bien sûr, il y a des femmes sans problèmes qui font le choix de ne pas fonder de famille. Ce sont des choses qui arrivent et qui disparaissent à l’annonce d’ue grossesse. Ou pas.

Dans ce cas, il vaut mieux refuser le bébé plutôt que de s’en débarasser comme le font certaines femmes. Je pense à Marina Sabatier mais il y en a des centaines d’autres qui naissent et que la mère rejettent. Dans ce cas, il vaut mieux accoucher sous X et faire adopter l’enfant si sa mère ne veut pas faire partie de sa vie. 

C- La sexualité chez la femme 

Dans le paragraphe précédent, je disais qu’une femme peut renoncer à son non désir d’enfant. Bien sûr, les françaises ont le droit à l’avortement et c’est tout-à-fait légal. C’est une loi demandée par Simone Veil dans un discours resté célèbre. 

Les féministes ne se dérangent pas pour l’appliquer et le revendiquer haut et fort et je pense qu’elles crieront dans la rue pour garder ce droit. Les bigotes n’auront qu’à bien se tenir ! 

Dans notre France moderne, les femmes ont le droit d’aimer d’autres femmes. Je ne pense pas que ce soit problématique d’un point de vue oedipien. C’est un choix que nous devons respecter et accueillir sans critiques déplacées. Les femmes font des choix que les hommes ne doivent pas remettre en question. Une femme a le droit de disposer de son corps. Les hommes n’ont pas à donner leur avis et à interdire ce droit sous prétexte que nos enfants payeront nos retraites. Je trouve ce raisonnement absolument inconstructif et il n’a pas sa place dans une société qui se pense moderne. Notre pays régresse et ce n’est pas la faute des femmes et de leur sexualité mais d’hommes misogynes et réactionnaires. Une femme n’a pas à obéir à un homme, ce n’est pas normal. Pendant plusieurs millénaires, la femme s’est soumise à l’homme mais ce n’est plus le cas : que ça continue !

II- Le complexe d’Oedipe chez le garçon

Comme pour la fille, le garçonnet veut se marier avec sa mère et tuer son père symboliquement. C’est le mythe d’Oedipe. 

Il passe par plusieurs étapes pour comprendre que ce n’est pas possible. Sa mère doit lui expliquer qu’elle l’aime mais pas comme son père et qu’elle ne fera pas d’enfant avec lui. 

A- Le phénomène de castration

C’est un phénomène qui apparait lorsque les parents, et surtout la mère, explique à l’enfant qu’il fondera une famille avec une autre femme. Elle ressemblera à la mère mais ne sera pas elle. 

Bien sûr, c’est une castration symbolique. Freud élabore pour la première fois sa théorie sur un de ses patients, un petit garçon nommé Hans. Lacan lui réserve toute la dernière partie de son livre, La Relation d’Objet. Il explique que l’enfant a la phobie des chevaux et que c’est lié à une étape du complexe d’Oedipe. 

Sa mère essaie de lui faire comprendre qu’il va falloir qu’il arrête d’être tout le temps collé à elle pour continuer à grandir harmonieusement. Hans réagit mal d’autant plus que son père n’est pas très présent dans son éducation. 

En psychologie, la castration est en rapport avec l’interet paternel des désirs sexuels pour la mère et le petit garçon qui doit renoncer symboliquement à sa mère pour construire son surmoi. Ensuite, il rentre en phase de latence jusqu’à l’adolescence. 

Selon moi, l’adolescence et l’hétérosexualité sont le résultat d’un complexe d’Oedipe bien réalisé. Le petit garçon devenu adulte ne tuera pas son père et n’épousera pas sa mère. Il fondera sa famille avec une autre femme.

B- Mère symbolique et phallus

Pendant le complexe oedipien, la mère est identifiée comme un symbole de ce que l’enfant n’a pas le droit de toucher avec son phallus. Pour certains petits garçons, c’est une étape qui complète le rejet du sein maternel et de l’allaitement. Le petit Hans que Freud psychanalyse, n’arrive pas à dépasser la phase du bébé sans cesse collé à sa mère et il explique qu’il a vu les deux culottes de sa mère, une jaune et l’autre noire. Cela symbolise le stade anal soit la deuxième phase du développement psycho-sexuel de l’enfant. 

Le phallus est omniprésent et la mère doit remettre le rejet du phallus à chaque demande de son fils pour qu’il sache que ce sera toujours une réponse négative à son désir d’enfant avec sa mère. Il ne faut pas que le garçonnet garde l’espoir que sa mère pourrait accepter de lui faire des enfants. 

Le père doit être présent et veiller à ce que la mère continue à dire non à l’enfant. Le rôle du père est de lui apprendre à être un homme : il doit attirer l’attention de l’enfant pour lui montrer l’exemple. C’est le début de la vie sexuelle normale. L’enfant est un futur adulte et il faut y penser. L’éducation du garçon découle de ce qui se passe pendant le complexe d’Oedipe. 

L’hétérosexualité est le résultat d’un Oedipe bien ficelé et maintenant, il veut avoir des enfants avec son épouse ou sa copine mais plus avec sa mère. C’est quelque chose qu’il faut fortement encourager. 

C- La sexualité de l’homme

Un homme et une femme n’ont pas le même rapport à la sexualité. Une femme porte l’enfant pendant neuf mois. Elle a des symptômes qui ne trompent pas et qui l’amène à consulter. Un homme ne ressent rien à la naissance de l’enfant alors que femme découvre son instinct maternel. 

Un homme a des raisons différentes de concevoir des enfants avec une femme. Certains veulent une descendance, un fils, et d’autres veulent avancer dans leur couple quand il est stable. Il y a presque une raison par homme mais il y a quand même des critères qui sont communs à tous les hommes. Pour la plupart, c’est un voeu qu’ils font devant une assemblée dans un lieu de culte. 

Une femme et un homme qui se marient ont pour devoir de mettre au monde des enfants. Heureusement, dans notre pays, nous avons le choix. Dans beaucoup de sociétés, c’est un moyen d’asservir les femmes pour qu’elles ne puissent pas s’émanciper par le travail. Nous avons de la chance, nous les françaises, d’être nées dans un pays où les femmes sont libres. C’est un privilège qui ne doit pas être remis en cause, quelques soient les raisons. Profitons de cette liberté mais par pitié, ne montrez plus vos seins !        

                                                                    *

La petite fille et le petit garçon ont tous les deux l’obligation de développer le complexe d’Oedipe qui est leur premier deuil, le plus fondamental pour l’avenir de l’enfant. 

En quoi l’Oedipe doit être un deuil si c’est pour être sain d’esprit et hétérosexuel ?

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A propos Chloé

Découvrez le parcours de Chloé, autrice de livres, son univers littéraire, ses influences et son cheminement entre écriture, psychologie et littérature.
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