Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen

harcèlement moral
Le harcèlement moral est un délit

Qu’est ce que le harcèlement moral ? Le harcèlement moral se définit comme des propos ou des comportements répétés pouvant entrainer une série de traumatismes psychiques. Le pervers impose à autrui des gestes, des paroles, des comportements, des attitudes répétées qui visent à dégrader les conditions de vie de la victime. C’est un acte agressif, intentionnel, perpétré par un individu ou un groupe d’individus qui veulent absolument obtenir du pouvoir au détriment d’une personne qui ne peut pas se défendre.

Pour la sphère privée et la sphère professionnelle, le processus pervers ne change pas. Ce ne sont pas les mêmes conditions mais ce sont les mêmes pouvoirs que cherche le pervers par rapport aux « vassaux ».

Quels sont les mécanismes que le pervers utilisent pour chasser leur(s) proie(s) ?

Dans un premier temps, j’aborderai la domination dans la sphère privée et ensuite, la domination dans la sphère professionnelle.

I- Le harcèlement au sein de la famille

Un pervers détruit plus facilement sa victime en restant dans le cocon familial, une fois les portes closes.

A- Les caractéristiques du harceleur moral en privé

En privé, les coups du pervers ne sont pas contrôlés. Ils sont plus compliqués à contre-carrer par la victime. La destruction est plus dure, plus directe, plus comprise par le pervers et inconnue de la victime. Elle découvre la perversion, la manipulation et le sadisme grâce au pervers qui la maltraite.

Petit à petit, elle s’adapte et subit les violences. Lorsqu’elle ose hausser le ton, c’est encore pire. Il la massacre psychologiquement, sans répit. Elle finit par mourir physiquement, car le cerveau fait partie du corps.

En psychologie, on fait la différence entre le physique et le mental. Mais lorsque le pervers vampirise la victime, la frontière s’atténue. C’est tout le corps qui souffre en présence d’un manipulateur pervers narcissique. Il est parfaitement conscient de vouloir dominer, car c’est ce qu’il recherche en détruisant les personnes qu’il choisit. Elle devient une cible, puis une proie. Elle se laisse pervertir parce que toutes les personnes dominées donnent la permission à leur bourreau de les maltraiter. De façon inconsciente, bien sûr, mais elles acceptent le marché.

Une fois l’accord tacite « signé », la violence du manipulateur se déchaîne. Il révèle sa personnalité destructrice en causant de la violence. La proie ne comprend plus rien. Il ne se comporte plus comme d’habitude. Il est méchant, pervers et elle a peur de lui. Elle veut partir mais elle se retrouve incapable de réaliser son souhait. Alors, elle reste et subit la situation en se faisant toute petite. Elle obéit car elle a peur de sa violence.

B- La relation perverse dans la sphère privée

La famille de la victime ne sait pas ce qui se passe une fois la porte fermée. Ils voient le changement mais ils n’interviennent pas. Ils ne se mêlent pas des histoires de couple.

La relation entre le pervers et sa proie doit rester secrète. Elle ne doit pas recevoir de l’aide pour s’échapper de l’emprise. Il l’isole pour mieux la garder. Il lui prend sa vie, son énergie et son psychisme pour survivre à son manque de pouvoir. Le plus important pour un pervers est d’avoir le pouvoir sur les autres dans toutes les sphères de sa vie. Sinon, c’est lui qui meure. La victime meure physiquement à cause de son comportement, de son emprise, de sa domination.

Le pervers dit à la victime que c’est sa faute mais non, c’est la faute du pervers. La reconstruction enlève cette idée de la tête de la victime. Elle finit par comprendre que le coupable est « son » pervers. Cette idée fait partie de l’emprise car le bourreau culpabilise sa proie pour la garder le plus longtemps possible.

L’emprise est un mécanisme de destruction morale et mentale. Après le départ du domicile, le travail psychologique consiste en priorité à faire comprendre et à déculpabiliser la victime. La reconstruction psychique peut réellement commencer. On distingue ce qui vient du pervers et de la victime. On décortique patiemment les mécanismes que la victime a appris pendant l’emprise.

C- Comment se défendre dans la sphère privée ?

Pour pouvoir se défendre, il faut briser l’emprise. Il faut mettre en danger le sentiment de pouvoir que recherche le pervers et qu’il a trouvé avec sa proie. Plus de pouvoir, plus de cible, et une autre cible. Sortir de l’emprise signifie accepter qu’il y aient d’autres victimes après. Le pervers fonctionne bien psychiquement quand il a une proie à disposition qui lui donne un sentiment de pouvoir. Ce désir fait partie des besoins primordiaux du pervers qui ne peut pas ressentir d’émotions positives. Il a besoin de quelqu’un d’autre pour devenir plus fort. La victime n’a pas besoin d’assistance pour ça. C’est ce qui différencie les pervers des femmes et des hommes psychiquement sains(es).

La loi du silence est primordiale et l’entourage ne doit rien savoir. C’est un secret, un pacte entre la victime et le bourreau. S’il y a des enfants au milieu, il faudra qu’ils comprennent que l’attitude de papa envers maman n’est pas normale. Il faut dénoncer les maltraitances à l’autorité judiciaire pour que la violence s’arrête. Il doit y avoir des traces physiques au moment du dépôt de plainte. Maman sera sauvée par son ou ses enfant(s). Il faudra suivre et surveiller ces enfants pour qu’il ne reproduisent pas les mauvais agissements dont ils ont été témoins. Il y a un risque qu’ils soient vampirisés. S’ils n’ont pas parlé de leur vécu devant des professionnels, ils peuvent reproduire ce comportement.

II- Le harcèlement au sein de l’entreprise

Le harcèlement professionnel peut sembler plus facile à prouver. Il faut manœuvrer correctement pour gagner son procès.

A- Les caractéristiques du pervers au travail

Le travail n’est pas un endroit clos, il y a des témoins qui gravitent autour. Ils voient ce qui se passe et ils entendent le harceleur s’en prendre à sa victime. La plupart des témoins se taisent et font profil bas pour ne pas être vampirisés et détruits à leur tour. Le licenciement est une évidence pour la victime stressée et déprimée. Elle part en arrêts maladie, elle se soigne et elle retourne au travail. Dès son retour à son poste, elle retombe dans le même engrenage. Elle recommence à aller très mal et la spirale infernale recommence. Le licenciement s’impose : ça ressemble plus à une fuite qu’à un départ réfléchi et volontaire.

Il n’y a pas de manifestation de joie, d’encouragements de la part des anciens collègues. Pas de carte, pas de pot de départ, rien. Le vide, comme avec le pervers à l’intérieur de sa psyché. La solution devrait être de jeter le harceleur hors de l’entreprise ; ça n’arrive presque jamais. Le pervers est manipulateur et qu’il ne connait que ça. Il est parfaitement capable d’accuser la victime qui doit accumuler des preuves pour se défendre et porter plainte. Il faut des enregistrements vocaux, des mails, des lettres recommandées adressées au harceleur. Tout ce qui peut le faire condamner par la justice.

Il est utile d’acheter un code du travail récent, de prendre contact avec un avocat compétent qui saura quoi faire. Le but est de gagner le procès et d’obtenir des indemnités pour le préjudice causé. Bien sur, le harceleur manipule tout le monde pour gagner la partie.

B- La relation perverse en entreprise

Le profil du pervers reste le même dans l’entreprise. Ce qui est différent au travail, c’est que les autres personnes sont témoins de ce harcèlement. Ils ne prennent pas toujours le parti de la victime : le travail est important. Il permet de vivre avec tout ce qui peut satisfaire les besoins primordiaux. Quelqu’un qui n’a pas ou plus de travail, ne peut pas vivre normalement ou fonder sa propre famille. Un licenciement est toujours un échec. C’est ce qui peut arriver de mieux à la victime. Une autre personne se retrouve vampirisée à son tour.

L’entreprise ferme souvent les yeux quand il y a un problème. Ce sont les victimes qui partent. Le pervers se transforme en fauteur de troubles. C’est le harceleur qui devrait être licencié. Il sait parfaitement embobiner ses supérieurs pour rester dans l’entreprise. La personne harcelée multiplie les arrêts maladie et le moral ne va pas mieux. La spirale destructrice du pervers est toujours présente sur le lieu de travail. Négocier un licenciement pour incompétence est déjà mieux qu’un licenciement pour faute grave. Un licenciement pour des raisons économiques est souhaitable. Partir avec des indemnités de licenciement est très important.

C- Comment se défendre en entreprise ?

En entreprise, il faut des alliés, des soutiens sur qui on peut compter : les représentants du personnel, des collègues, etc. Comme dans le cadre privé, il faut amasser des preuves qui accusent directement la personne de faits délictueux. Absolument tout peut servir : des lettres recommandées, des mails, des enregistrements vocaux et audios. Il faut monter un dossier.

Le plus important, c’est que la collecte de preuves se fasse discrètement. Il faut joindre l’analyse du médecin du travail pour avoir un avis médical sur la situation. Il doit attester que le harcelé est tombé en burn-out ou en dépression sur le lieu de travail.

La maladie ne doit pas venir d’une perversion dans le cadre privé. Ce qui se passe à la maison peut impacter le travail en entreprise. Le mental ne se guérit pas pendant le trajet de la maison vers le travail et vice versa. Il peut y avoir un autre pervers qui attend à la maison.

Il n’est pas possible de faire une concession ou un compromis avec ces gens-là. Dans le cadre professionnel, la solution la plus simple reste de provoquer un licenciement. C’est là qu’interviennent les représentants du personnel, dans une entreprise de plus de cinquante employés. Dans des PME, il faut tisser des amitiés avec des personnes qui seraient capables d’apporter de l’aide et du soutien. Le problème est qu’ils risquent d’être licenciés. Ces soutiens ne doivent pas avoir de famille à charge, pour une raison évidente.

Le harcèlement moral est le fait d’un pervers qui veut absolument tout contrôler. Il est en chasse permanente pour avoir plusieurs victimes en même temps. Par des phrases assassines, il domine sa proie. Le résultat est toujours le même : la domination psychique de la victime. Il force, de manière inconsciente, sa proie à partir. Il recherche toujours à la retenir, à la terroriser, pour la détruire un peu plus chaque jour.

Comment briser l’emprise psychologique et comment partir très loin du pervers ? Comment arriver à le dénoncer en justice et le faire condamner ?

A toutes les victimes, je voudrais dire qu’on s’en sort très bien après l’emprise. Il faut beaucoup de patience et de persévérance pour atteindre le but : la guérison totale.

Merci pour votre soutien et bonne lecture !

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A propos Chloé

Découvrez le parcours de Chloé, autrice de livres, son univers littéraire, ses influences et son cheminement entre écriture, psychologie et littérature.
Pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. C’est en gardant mettant de la distance aux personnes toxiques qu’on préserve le mieux sa santé

    • Effectivement, tu as tout compris ! Tu leur enlève leur pouvoir et ils ne sont plus rien du tout. Ou alors, ils trouvent une autre source de pouvoir avec une nouvelle victime.

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