
Paul-Laurent Assoun est l’auteur de ce livre, Freud et la femme. Dans cet article, je decrirais le développement et l’élaboration de la morale et de la théorie du bien et du mal à travers le complexe d’Œdipe de la petite fille et la maladie hystérique de l’adulte.
L’Œdipe a plusieurs phases : la petite fille le vit différemment du petit garçon. Nous étudierons celui de la petite fille. Elle se developpe en opposition avec sa mère, la Mère, et nous aborderons le sujet de la castration, de l’opposition à la Mère et de la sexualité. Le but est de préparer la vie adulte en se mariant avec le clone du père et l’opposition à la mère dans la sexualité et la maternité.
Pourquoi la petite fille doit elle s’opposer à sa Mère ? Pourquoi l’Oedipe joue un rôle dans la vie adulte ?
Dans un premier temps, j’expliquerais le complexe d’Oedipe et son fonctionnement chez la petite fille et dans un second temps, je resituerais la femme dans la “kultur”.
I- Le complexe d’Oedipe
Ce complexe, ce deuil est un élément primordial et fondamental pour le développement psychologique du jeune enfant. Dans cet article, je parlerai du complexe de la petite fille.
A- L’Oedipe de la petite fille
L’Oedipe de la petite fille est différent de celui du petit garçon. Elle s’oppose à sa mère pour séduire son père. Ils refusent tous les deux et le deuil commence. C’est le premier deuil et c’est le plus important car cette résilience détermine la suite de l’existence psychologique de la petite fille. C’est déterminant pour sa sexualité et pour sa future maternité.
Selon Freud, la libido est une pulsion sexuelle et pour Jung, c’est une fonction universelle car une femme donne la vie et la mort en accouchant. La vie est un très beau cadeau et un piège, car elle donne et reprend. Nous devons l’accepter parce que c’est comme ça que la vie se termine : nous ne sommes pas increvables, nous “subissons” la nature tout en vivant dans la création dont nous ne connaissons pas encore son avènement. L’apparition de la vie humaine reste un secret pour les scientifiques. Ils centrent leurs recherches sur ce sujet. Les biologistes étudient la vie et les astronomes les origines de l’univers (le fameux bigbang et ce qu’il a entraîné).
L’Oedipe est une seconde naissance dans la douleur comme un véritable accouchement. Il entraîne un certain nombre de renoncements. La petite fille finit par abandonner son sentiment de préjudice subi qu’elle cherche à nier pour continuer sa route et son évolution pour être mariée et mère de famille.
B- Le phénomène de castration
La castration est une des étapes que l’enfant doit subir pour avancer dans le processus oedipien. Freud finit par le reconnaître et l’accepter. Il affirme que la castration et l’Oedipe sont liés au stade phallique du développement libidinal et à l’organisation oedipienne. Il entraîne de nombreux symptômes : phobies, angoisses, complexe d’infériorité, tabou de la virginité, de l’envie du phallus.
Quand un petit enfant est castré sexuellement, il rejette l’idée de la reproduction et de la sexualité qui reviendront pendant l’adolescence et entraînera l’envie du sexe. Le but est de fonder sa propre famille à l’âge adulte.
Le but de d’Oedipe est d’accepter le rejet de la sexualité car le corps de la petite fille n’est pas prêt pour la sexualité et la maternité. Certaines femmes sont plus précoces que d’autres en tombant enceinte pendant leur adolescence.
En France, la plupart des couples reculent l’âge des essais bébé à cause de multiples facteurs, dont le manque de place dans les structures qui accueillent les enfants pour que la femme puisse reprendre le travail à la fin de son congé maternité. Celui-ci devrait être allongé de quelques semaines car les baby-sitter coûtent très cher aux nouveaux parents. C’est un investissement et les parents n’en ont pas forcément les moyens financiers.
C- Le développement psychologique normal
Lorsque le deuil est terminé, les parents commencent à franchir des marches d’escalier dans l’éducation de leur enfant. Une marche après l’autre, jusqu’à la complète fabrication du cerveau, vers vingt-cinq ans.
La morale, le bien et le mal, s’apprennent lorsque la petite fille retrouve son amour pour sa mère qu’elle commence à copier.
Le deuxième conflit est celui qui arrive avec l’adolescence et la fameuse “crise d’ado” qui développe l’apprentissage de la libido, de la sexualité et plus tard de la maternité.
La petite fille est devenue une jeune femme et elle recommence à s’opposer à sa mère pour connaitre la maternité à son tour. La fille ne doit absolument pas devenir mère car la future grand-mère ne veut pas avoir des minis enfants et elle a toujours des arguments à exposer pour justifier son opposition. La fille est devenue une femme et elle ne veut pas affronter cette réalité. Bien sûr, lors de la naissance de la petite fille, la mère sait qu’elle sera grand-mère un jour mais c’est une réalité abstraite. Pour l’instant, elle n’a pas de raisons de s’opposer sur cette question conflictuelle. Cependant, elle l’éduque dans ce but qui pourra permettre à sa fille de rencontrer le futur père de ses enfants.
Cette finalité est inconsciente jusqu’à ce que sa fille soit enceinte à son tour et que le conflit recommence de plus belle.
II- La femme dans la “kultur”
La culture est une notion, un artéfact par laquelle l’homme excède, domestique le naturel et produit plus de valeurs par rapport à lui. C’est l’acquisition d’une forme de l’esprit qui conditionne une approche spéciale et valorisée du réel. Cette partie explique comment la femme participe à la société.
A- Freud et l’hystérie
Freud découvre la maladie hystérique grâce à la psychanalyse sur ses patientes et ses patients. L’hystérie s’explique par un problème inconscient qui remonterait à l’enfance et au phénomène de castration. Cette maladie se caractérise par des symptômes physiques ( paralysie, anesthésie, aphonie). Ces symptômes sont des mécanismes psychologiques qui regroupent un ensemble d’idées, de désirs, et d’affects transformés en des symptômes corporels exposés ci-dessus. L’hystérie est une maladie qui se soigne en “remodelant” l’inconscient grâce aux rêves. Freud les décortique pendant ses séances de psychanalyse. Ils sont les clés de l’accession au psychisme inconscient qui, une fois les rêves analysés, peuvent aider à guérir l’hystérie.
Je suppose et ce n’est que mon avis, que l’inconscient est la base du fonctionnement psychologique ce qui pourrait permettre de soigner beaucoup plus de maladies grâce au traitement de Freud. Le problème est que la fonction ne ressemble pas à la structure mais que la psychologie et la neurologie se complètent.
Malheureusement, l’étude du cerveau en est à ses balbutiements car c’est l’organe le plus compliqué et le plus complexe à étudier de tout le corps humain. C’est pour cette raison que la majorité des maladies neurologiques et psychiatriques sont incurables pour l’instant.
B- La résolution de l’Oedipe
La résolution de l’Oedipe chez les hystérique est incomplète. Cette pathologie concerne essentiellement des femmes byper-erotisées qui ne savent pas gérer leur libido et leur sexualité normalement. Il faut donc explorer l’intimité pour guérir l’hystérie. Ce traitement peut convenir à toutes les pathologies en lien avec la sexualité et l’inconscient. La recherche pour les maladies neurologiques et psychiatriques progresse mais ce n’est pas encore suffisant. Les pathologies structurelles et fonctionnelles s’assemblent toujours. C’est une des lois de la biologie, elle est immuable comme le fonctionnement du corps humain. Certaines personnes ont des casseroles plus grosses que celles du voisin ; nous en avons toutes et tous. C’est compliqué d’avoir une pathologie secrète car personne n’en parle quand ça arrive et beaucoup de monde rejettent les malades. Au lieu d’essayer d’en parler et de destigmatiser, le tabou reste particulièrement vivace à cause de la méconnaissance des maladies psychiatriques et du fonctionnement du cerveau.
En France, l’Institut du cerveau a la mission de trouver des traitements. La recherche existe et elle avance grâce aux dons des particuliers qui permettent aux scientifiques de continuer leurs recherches. Il serait peut-être temps de commencer à expliquer et à démontrer qu’il ne faut plus avoir peur de ces maladies et du comportement maladif de certains patients et certaines patientes.
C- La libido et la sexualité de l’hystérique
La libido est une pulsion sexuelle qui s’inscrit dans la ‘kultur” en permettant aux femmes de mettre au monde de futurs adultes qui perpétueront l’espèce comme leurs parents avant eux.
Pour cela, il faut une éducation et une morale exemplaires et sans faille. Hors, l’hystérique n’a pas une sexualité normale. Elle est hyper-érotisée mais ça ne signifie pas qu’elle ne fait pas partie de la société civile. A l’époque, Freud tentait de soigner par l’intermédiaire de la psychanalyse et de la psychothérapie naissante. Sa fille cadette, Anna continuera son travail en s’occupant de pathologies enfantines, en contradiction avec la psychologue Mélanie Klein. Anna recevait ses petits patients et ses petites patientes en cabinet médical pour aider les enfants à avoir une psychologie adéquate. Les enfants ne peuvent pas être soignés comme des adultes car leur cerveau est encore en formation. Celui des adultes est différent car le sujet a compris certaines leçons de l’existence et il est sensé être mature. Cependant, ce n’est pas toujours le cas mais heureusement, ce n’est qu’une minorité des adultes qui continuent à raisonner comme des enfants.
Pour les petits, il n’est pas trop tard car l’accès à l’inconscient est moins dissimulé, moins refoulé par la morale, l’éducation, la théorie du bien et du mal. Les adultes ont conscience de leur état et ont une tendance à cacher ce qui leur fait honte et à ne parler en séance que de sujets sans importante, qui peuvent être moins choquants moralement que les choses bizarres qui les amènent à entamer un traitement psychothérapeutique.
*
Le complexe d’Oedipe permet à la femme d’être présente dans la “kultur”. Cette évolution se fait par étapes : la demande de l’enfant refusée par les parents, l’épisode du miroir pour le bébé, l’avènement de la sexualité et de la maternité.
Le complexe d’Oedipe, lorsqu’il est mal fait, est-il la base d’une psychologie perverse ? Qu’est ce que la perversion et comment se fabrique-t-elle ?
S’abonner