
Nous savons toutes ce que signifie la violence conjugale. Malheureusement, les affaires de féminicides sont monnaie courante en France.
Je ne parlerai pas des affaires qui se passent à l’étranger. Les comportements des tueurs sont les mêmes à l’étranger et l’issue est la même pour les femmes.
Pourquoi un homme devient violent ?
Dans un premier temps, nous verrons le profil psychologique des hommes violents pour ensuite, aborder le sujet de l’incompétence de la justice, en commençant par la plainte au commissariat de police.
- Profil psychologique de l’homme violent
Quel est le profil psychologique des hommes violents ? Malheureusement, ce profil ne peut pas être soigné une fois que le comportement est acquis.
A- Caractéristiques psychologiques
L’homme violent a un psychisme particulier. Bien sûr, tous les hommes ne sont pas violents. J’irai même jusqu’à dire que ce n’est qu’une minorité. Une minorité qui embête la majorité, comme d’habitude.
La domination est une qualité pour eux parce que c’est ce qui leur permet de faire peur et d’enchainer leurs victimes. Les menaces de mort sont quotidiennes et tiennent les victimes en alerte et les poussent à obéir sans discuter. La peur peut apporter beaucoup d’angoisse aux victimes qui subissent la violence et qui n’arrivent pas à quitter le domicile conjugal.
En effet, la violence est physique et psychique. Lorsque le mental est touché, il se défend comme il peut et il crée un mécanisme de défense qui empêche la victime de réagir et de se protéger en portant plainte et en partant définitivement de la maison. Une emprise est très difficile à soigner. Il faut des années de psychothérapie pour défaire les nœuds et tout démêler.
Souvent, le cerveau se défend en créant un phénomène d’amnésie pour enlever les souvenirs trop douloureux qui permettront de guérir. Le moment critique arrive lorsque la victime se souvient et que le cerveau dénoue les nœuds tous seuls. Il y a un risque que ça devienne un problème et que l’hospitalisation soit la seule solution pour aider la victime dans sa guérison. Même si c’est compliqué, il faut faire ce qu’il faut pour aller mieux, même dans la difficulté.
B- Le choix d’une femme
Ce choix n’est pas un hasard ; il choisit la personne qui peut lui apporter ce dont il a besoin pour vivre. Souvent, les hommes violents sont également des pervers. Le mental d’une victime est le premier à craquer. Il faut donc quelqu’un qui a une faille et des casseroles pour pouvoir ménager ses efforts tout en obtenant ce qu’il souhaite, voire exige, de la personne soumise.
Une faille narcissique est désignée comme suit : “fragilité du rapport à soi : difficulté à s’aimer, sentiment d’être moins que les autres, peur d’être jugé, honte persistante ou impression de ne jamais être assez”. Certaines blessures peuvent l’endommager : l’abandon, le rejet, l’humiliation. Une victime doit guérir l’homme violent de ses peurs, qui ne souhaite pas changer véritablement, parce qu’il ne le peut pas.
Personne ne peut changer quelqu’un qui ne le souhaite pas. C’est un principe qui doit être compris et assimilé car c’est ce qui peut sauver une personne lambda des griffes d’un homme violent.
Les proies sont en danger de mort psychique, ce qui arrive souvent avant les coups. Ensuite, l’homme violent agresse physiquement et ça peut aller jusqu’à la mort physique, par un meurtre.
En France, trois femmes par jour sont tuées sous les coups de leurs compagnons, mais ça n’empêche pas les policiers de refuser des dépôts de plainte parce que la violence n’est pas visible. Il faut des coups, des photos, pas des blessures mentales qui ne se voient pas. Il faut que ça change.
C- Conséquences de la violence
Les conséquences sont multiples : au mieux, une victime quitte le domicile conjugal. Au pire, elle est tuée sous les coups de l’homme violent. Oui, la conséquence ultime de la violence est un féminicide.
De plus, en 2024, les violences sexuelles sur les femmes sont en augmentation : des viols, des tentatives de viol, agressions sexuelles sont commis toutes les deux minutes en France.
Il faut que ça change : que les hommes aillent en prison pour de lourdes peines et qu’ils purgent l’intégralité de leur condamnation sous les verrous. La libération pour bonne conduite est beaucoup trop souvent appliquée en France. Nous sommes le pays qui a théorisé les principes d’égalité et de fraternité en plus de la dénonciation des atteintes corporelles et mentales. Dans notre pays, la violence perverse est passible d’une condamnation : il faut que ça se voit …. et la violence mentale ne se voit pas.
Il faudrait que les victimes de pervers, par exemple, se fassent connaitre pour que leur souffrance s’arrête mais ça n’est pas le cas. Le cerveau ne fait-il pas partie du corps ? En quoi la violence mentale est-elle différente de la violence physique ? Je ne sais pas, je n’ai pas la réponse à cette question. Si vous l’avez, vous pouvez la mettre en commentaire en fin d’article.
Évidemment, la violence physique est plus simple à catégoriser. Alors, les atteintes psychiques n’existent pas et les victimes ne sont pas reconnues et ne peuvent donc pas faire condamner leur bourreau.
- Une justice incompétente pour la victime
Comme signalé plus haut, il faut de la violence physique et des traces de coups pour que la justice intervienne et aille jusqu’au procès.
A- La plainte au commissariat
Une plainte n’est recevable qu’en cas de violence physique. Pour le reste, une main courante suffit et aucune plainte ne peut être déposée sans traces de violence. C’est ce qu’on m’a demandé quand j’ai enfin eu le courage de dénoncer ses agissements à la police.
Alors, j’ai écrit un livre pour aider à faire changer les mentalités, pour qu’on en parle. J’ai très envie de publier une pétition en ligne pour que les victimes puissent avoir la reconnaissance pénale de leurs souffrances.
Une main courante ne suffit pas pour faire condamner un homme violent. Il faut des bleus, de la violence sexuelle. Le phénomène d’emprise ne suffit pas et c’est ce qu’on m’a gentiment expliqué au commissariat. Alors, j’ai contacté une association spécialisée dans ce genre de délit et j’ai été parfaitement conseillée par la personne à qui j’ai parlé de ma situation au téléphone. J’ai rompu le lien pour me mettre en sécurité. J’ai appris à me défendre parce que la police refusait de m’aider.
Je voulais qu’il arrête de me harceler alors, j’ai dit à ma famille que j’étais allée porter plainte et il a arrêté le harcèlement téléphonique. Il a coupé le lien et il a trouvé quelqu’un d’autre qui a failli mourir.
La plainte au commissariat déclenche une enquête et les faits doivent être prouvés. Comment expliquer sans pouvoir rien faire d’autre pour se défendre ? Et si la personne meurt, elle finit dans le “clan” des statistiques de notre pays : une femme sur trois chaque jour. C’est insupportable….
B- Les caractéristiques de l’échec
Pourquoi les pouvoirs publics sont en échec sur la question du féminicide ? Parce que la violence mentale n’est pas punie et que les hommes violents en profitent. Et une femme sur trois meurt sous les coups de son compagnon…
Quand est-ce que le législateur prendra ce phénomène à bras le corps pour modifier certaines lois pour protéger les victimes ? Pourquoi ne peut-on pas passer de victimes à survivantes ?
L’échec domine en France car personne n’a le courage d’inverser cette tendance. La non-assistance à personne en danger est répréhensible dans notre pays. Ça constitue un délit punissable devant un tribunal : cinq ans d’emprisonnement et soixante-quinze mille euros d’amende.
Les policiers respectent la législation ; c’est pour ça que la législation doit changer. Une main courante n’est pas suffisante. Il faut agir pour que la victime puisse devenir une survivante. Je suis une survivante. Que les policiers ne refusent plus de laisser une femme porter plainte contre son tortionnaire. Notre état est en échec face à celle réalité qui reste impunie, ou pas suffisamment. Les Français violents doivent savoir que la peine et leur comportement seront punis à la hauteur de leur crime.
Pour trouver une solution en absence de condamnation, il y a des associations qui cachent les femmes pour les mettre en sécurité. Il y a des foyers pour femmes battues un peu partout sur le territoire français. Changer d’identité est également une solution qui permet aux femmes de commencer leur guérison en étant accompagnées, secourues, soutenues.
C-Quelles sont les suites de la plainte ?
Si une plainte est enregistrée au commissariat, il y a une enquête qui est ouverte. La justice se mêle de l’histoire de la plaignante qui se bat pour retrouver sa liberté sans risques pour elle et pour ses proches. S’il y a un enfant, il faut organiser le mode de garde et redéfinir qui garde l’autorité parentale. Non, un enfant ne changera rien à la situation ni aux violences subies. Il ne changera pas une fois père de famille. Ce sera juste beaucoup plus compliqué de disparaitre car le père a des droits sur l’enfant lorsqu’il n’est pas maltraité également. La mère peut être accusée de l’avoir enlevé pour le soustraire aux violences mais le père détient également l’autorité quand il est avéré que c’est vraiment le père biologique. Il peut être un bon père même s’il est violent avec sa compagne. Faire un enfant ne changera pas sa nature violente, malheureusement. Il ne faut jamais avoir d’enfant avec ce genre de bourreau.
Un enfant doit être protégé lui aussi parce qu’il est témoin des violences quand il vit au domicile conjugal, ce qui est la majorité des enfants. Il apprend qu’il doit obéir à son père violent, comme tous les enfants. Ça peut poser des problèmes à l’adolescence et à l’âge adulte. Il y en a qui reproduisent ce qu’ils trouvent normal, c’est-à-dire, les mauvais agissements, la violence, la domination sur leur conjointe comme le père qui lui apprend la domination, la violence, les mauvais agissements. Que deviennent les enfants des êtres violents ? Reproduisent-ils le même comportement ?
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