
Écrire pour guérir : mythe ou réalité ?
Dans les centres de soins psychologiques et psychiatriques, il y a des ateliers d’écriture. C’est une activité thérapeutique qui est très efficace pour le soin psychique. Bien sûr, le but n’est pas d’écrire et de publier un ouvrage. L’idée est d’activer certaines zones du cerveau pour essayer de les réactiver.
Certains réussissent et d’autres échouent ; c’est comme ça. En écrivant, on progresse dans la pratique tout en soignant son cerveau.
Alors, est-ce qu’ écrire aide à guérir ?
Dans un premier temps, j’aborderai la question de savoir pourquoi l’écriture est curative pour des patients et dans un second temps, pourquoi ça ne fonctionne pas pour certains patients.
I- Pourquoi l’écriture est curative pour des patients et pas pour d’autres ?
Pour certains patients, c’est une activité curative. C’est une réalité qui fait du bien, c’est une méthode de relaxation car écrire nécessite le calme autour de soi et c ‘est une activité qui booste le fonctionnement cérébral.
A- Effets sur le cerveau
Le cerveau est un muscle qui a besoin d’entraînement pour fonctionner correctement. Ceux qui ne font pas d’activité cérébrale n’ont pas l’apport suffisant pour permettre au cerveau d’être sain. Il ne s’agit pas de participer une fois et de ne plus revenir. Toutes les occasions sont bonnes pour prendre une feuille de papier et un stylo pour se mettre à écrire, à rédiger. Le but n’est pas de publier un livre : il faut prendre l’habitude de réaliser cette activité, dans le cas où elle est une source de détente.
Bien sûr, si cette activité ne plait pas ou ne convient pas, il n’y a pas l’obligation de revenir à l’atelier mais l’écriture reste une activité extrêmement bénéfique pour le bon fonctionnement cérébral. Il se ré-entraîne, comme à chaque rentrée scolaire après les deux mois de vacances d’été.
En revanche, les écrans multimédias sont néfastes pour le cerveau car ils créent une addiction et c’est très compliqué de s’en désintoxiquer. Les enfants sont les plus vulnérables mais les adultes peuvent l’être également. Dans l’ancienne maison d’amis se trouvait un jeune homme qui passait son temps à jouer et mes amis ne le voyaient jamais car il habitait dans une petite dépendance. Il était totalement accro aux jeux violents.
Les malades ne peuvent pas travailler avec une cadence de salariés et ils doivent avoir une activité pour remplir leurs journées. C’est moins compliqué de jouer à SimCity que d’écrire un livre, ce qui peut être une activité rentable et lucrative.
L’un des symptômes principaux de ces maladies est la perte de motivation : aller prendre le train pour aller voir une amie et passer un bon moment avec elle, par exemple. La vie d’un malade est compliquée et parfois, c’est insurmontable. Il faut le comprendre et l’accepter.
B- Écriture : activité relaxante
L’écriture est une activité relaxante. Il suffit de s’asseoir et de se fier à son cerveau qui “dicte” : il n’y aura plus qu’à rédiger en écriture automatique ce que le cerveau dit. Les surréalistes appliquaient cette méthode pour produire leurs œuvres. C’est parfaitement décrit dans le Manifeste du Surréalisme qui a été le livre fondateur de ce mouvement. Il a été écrit par André Breton, le leader de ce courant artistique et littéraire. Je vous incite à le lire car c’est un livre très important pour tous les artistes qui souhaitent se fier à leurs instincts pour créer quelque chose d’unique et de créatif. Chaque artiste est différent, chaque artiste a un vécu différent, et chaque artiste a une psychologie différente.
Pour y parvenir, il faut beaucoup de pratique et d’entraînement mais il faut aussi avoir un terrain créatif inné pour se donner la motivation de se mettre à sa table, en sortant d’une journée de travail bien remplie. C’est dans ce but qu’il faut être motivé pour lutter contre la fatigue après la journée, les tâches ménagères, le dîner, le coucher des enfants.
L’écriture doit être un moment relaxant entre le repas du soir et le coucher. En tout cas, pour la majorité des artistes, la création peut prendre du temps mais les weekend sont des moments de repos pour faire la transition entre la semaine passée et celle qui arrive. Il faut savoir faire des pauses pour se relaxer et récupérer des forces pour bien aborder la semaine jusqu’au vendredi soir suivant. La fatigue est quelque chose qui se gère et les malades doivent apprendre à la supporter pour de meilleures journées.
C- L’écriture peut ne pas être une passion
Pour certaines personnes, cette activité peut devenir une passion. Mais, pour la plupart des gens, ça reste un simple moment de détente créatrice et divertissante.
Ce n’est pas obligé de devenir une passion : passer un bon moment avec d’autres personnes qui ne font pas partie de l’entourage quotidien peut permettre de rencontrer d’autres personnes, de tisser d’autres liens, de se faire des ami(e)s.
Lire son texte à d’autres personnes peut être enrichissant. Avoir d’autres avis, d’autres points de vue, pour progresser dans la pratique peut être intéressant. Pour avancer dans un domaine, il faut pouvoir se confronter à d’autres personnes et avoir des avis constructifs et bienveillants. Le partage d’expérience permet de s’améliorer et de s’enrichir dans un domaine de prédilection. Pour cet article, c’est l’écriture mais ça peut être le dessin, la peinture, la musique, le chant, etc.
L’idée est de faire travailler le cerveau pour essayer de le réparer doucement et de manière linéaire. Il ne sert à rien de tout faire une seule fois et de laisser tomber sans recommencer l’activité. Le cerveau aura fonctionné une fois et si vous ne le stimulez pas à apporter une continuité dans le traitement, il ne vous motivera pas à recommencer. C’est normal et logique car il fonctionne de cette manière. Les soignants auront beau vous encourager à persévérer, il ne vous enverra pas le message pour “envoyer des ondes positives” et vous faire sortir de chez vous pour participer à la pratique de l’écriture en groupe.
II- Pourquoi la guérison est un mythe pour certains patients ?
Certains patients sont trop malades pour que l’écriture arrange et fasse du bien au cerveau. Certaines maladies psychiatriques sont incurables car la recherche médicale n’avance pas et qu’il faut privilégier les soins et la recherche pour les maladies mortelles comme le cancer, par exemple.
A- Le problème de l’incurabilité
Pour beaucoup de malades, la question de l’incurabilité se pose. Les problèmes de motivation sont récurrents ainsi que le découragement car il n’y a sans doute aucune chance de guérison. On parle de rémission mais la plupart des personnes se battent contre la maladie.
Dans un autre article, je donnerai des idées pour avoir la meilleure des prises en charge en hospitalisation et en ambulatoire. Il s’intitulera : “Mes meilleurs moyens d’aller mieux”. Je parlerai de mes actions pour être en rémission. Bien sûr, ces conseils sont à adapter à la situation et à l’avancée de la maladie. Les malades incurables pensent que ça ne servira à rien de toute façon. Laisser tomber est une grave erreur car c’est laisser gagner du terrain à la maladie et ce n’est pas une bonne idée, surtout quand le but est de guérir.
Les malades incurables doivent accepter cette réalité mais le soin doit se perdurer dans le temps pour ne pas être hospitalisé régulièrement. C’est déjà une grande victoire. C’est à ces patients que les soins en ambulatoire sont utiles et chaque proposition d’activité est bonne à prendre car l’équipe médicale sait comment soigner et il faut leur faire confiance. Le but est d’aller mieux mais sans guérison à l’horizon. Les psychoses (schizophrénie et trouble bipolaire) sont incurables et il faut l’accepter.
Peut-être que dans une décennie, il y aura un traitement efficace mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Il faut patienter et ne pas perdre espoir même si c’est très dur de se trouver confronté à la maladie.
B- Certaines maladies mentales restent méconnues
Le cerveau est l’organe le plus méconnu du corps humain. Il dirige tout le corps en envoyant ses ordres aux organes et au reste du corps, par l’intermédiaire d’influx nerveux dans les nerfs et les synapses. Chaque cellule fonctionne pareil et a la même anatomie. Cependant, les cellules ont su s’adapter à leur environnement mais leurs anatomies restent les mêmes pour tout le corps. Elles savent s’adapter pour continuer à vivre à l’intérieur du corps et les organes fonctionnent grâce à elles.
Dans une cellule, les synapses transmettent l’information cérébrale qui se répand dans le corps à travers les cellules (voir le schéma ci-dessous). Le cerveau est l’épicentre et les cellules sont les transpositrices. Nous connaissons l’anatomie du cerveau depuis de nombreux siècles (grâce à Léonard de Vinci, entre autre). Nous savons quelles sont les parties du cerveau, leurs fonctions, et leurs fonctionnements. Nous connaissons les interactions entre les parties cérébrales. Notre connaissance demeure limitée pour lutter contre les maladies mentales. Le cerveau a ses limites et nous ne les connaissons pas entièrement. Çà explique la méconnaissance de certaines maladies psychiatriques comme la schizophrénie et les troubles bipolaires.
Les états limites ne sont pas des maladies, ce sont des traits de caractère intrinsèques et innés. Avec l’éducation, certains réflexes deviennent acquis et dangereux, ce qui explique que ces personnes sont incurables, avec une psychologie compliquée.

Anatomie d’une cellule
C- Mythe ou réalité de la médecine psychiatrique ?
Travailler toute la journée avec des patients nécessite d’avoir une vraie vocation. Pour certains, cela peut être compliqué, et extrêmement décourageant. Les soignants sont des humains avec des réactions humaines. Ils savent que beaucoup de leurs patients ne guériront pas malgré tous leurs efforts. Alors, ils se détachent psychologiquement et émotionnellement pour ne pas tous être en arrêt, surtout pour les médecins. Ce service est particulièrement compliqué psychologiquement et le psychisme doit s’affermir pour résister à la pression des malades, de leurs familles, du reste de l’équipe médicale.
Une fois l’affermissement terminé, il est temps pour eux de faire leur métier, du mieux possible malgré l’échec probable de la cure. Souvent, ça s’apparente à un deuil. Comme à chaque fois, on en ressort grandi et plus mature. Selon moi, la médecine psychiatrique est méconnue et restera longtemps inconnue parce que la recherche n’avance pas dans ce domaine. C’est une science taboue pour la majorité de nos concitoyens dans notre beau pays délabré et décadent. Il faudrait avoir le courage d’affronter nos vieux démons mais personne ne songe à le faire car c’est une voie sans issue. Les gens baissent les bras, en signe de renoncement mais ce n’est pas une bonne attitude.
Il fut un temps, les Romains n’ont pas fait mieux et ils ont fini par disparaître, alors à bon entendeur salut !
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L’écriture est bénéfique pour certains patients mais pas pour tous. C’est une loterie et une indication de la gravité de la maladie pour les soignants en ambulatoire et en hospitalisation.
Les surréalistes se servaient de leur cerveau pour écrire grâce à la méthode de l’écriture automatique : c’est le cerveau qui dicte les mots et les pensées utiles à la création artistique et littéraire.
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