
Ce conflit est vieux comme le monde. La mère ne veut pas que sa fille devienne mère parce qu’elle refuse de voir que sa fille n’est plus sa petite fille qu’elle a éduqué avec beaucoup de soins, d’amour et d’attention. Pour une mère, l’enfant ne prend pas son indépendance psychique, elle reste toujours son bébé joli. Un enfant ne peut pas devenir indépendant, elle demeure trop petite pour ça.
Comment se caractérise le conflit entre une mère et sa fille ?
Dans un premier temps, j’aborderai la relation mère-fille pour, dans un deuxième temps, expliquer les raisons du conflit mère-fille lorsque la fille est en âge de devenir mère.
- La relation mère-fille
A- De la naissance à l’adolescence
De la naissance jusqu’à l’adolescence, la petite fille se construit en copiant sa mère pour apprendre la féminité. Elle commence à choisir ses vêtements, à préférer des jeux pour les filles et à jouer à la corde à sauter pendant que les garçons jouent aux billes.
La petite fille obéit à sa mère et aux adultes en général. A l’école, c’est pareil qu’à la maison, il faut respecter les règles en vigueur en classe. Sinon, il existe un système de punition comme faire des lignes ou être privé de récréation. Le maximum des punitions peut aller jusqu’au renvoi définitif.
Lors de la fête de Noël, les parents offrent le plus souvent des jouets genrés : des poupées et une cuisine pour les filles. Mais, pour certaines petites filles, les jouets de garçons sont plus attirants que les poupées Barbie. Ce ne sera pas forcément des garçons manqués car tous les gouts sont dans la nature. Ce n’est pas forcément un problème structurel comme un Œdipe mal fait ou un signe qui peut faire penser à un “problème” sexuel comme être transgenre.
Je pense que la petite fille rêve d’être autre chose que ce qu’on exige d’elle et qu’elle a le droit de vivre sa sexualité comme elle le souhaite et personne n’a à juger, si la personne arrive à être heureuse comme ça.
L’œdipe pose les bases mais après, c’est à la personne de choisir pour elle.
B- De l’adolescence à l’âge adulte
Pendant le secondaire, la petite fille devient une femme. Elle découvre la sexualité. L’adolescence est une période essentielle dans le développement de l’enfant. Les adolescents restent des enfants, même s’ils changent et deviennent des adultes. Le cerveau se développe jusqu’à vingt-cinq ans. Après, l’enfant devient un adulte. C’est aussi pour ça que la plupart des jeunes rentrent sur le marché du travail à cet âge.
La fin du lycée est une barrière qui sépare l’école et les études supérieures. Ensuite, ils trouvent un travail et prennent un logement indépendant pour commencer leur vie d’adulte.
Il y a beaucoup de jeunes qui doivent travailler pour financer leur indépendance et leur quotidien pendant leurs études à l’université : le logement, les repas, les dépenses liées aux études. Le système de bourse est conditionné à la réussite. Si l’étudiant est recalé, il devra rembourser sa bourse. C’est normal : c’est un moyen de mettre l’étudiant face à ses obligations : travailler dur pour réussir tous les partiels.
Sur le plan personnel, c’est la période où les premières relations amoureuses éclosent et où les adolescents découvrent la sexualité. Les femmes ont été habituées à ne pas se donner à n’importe qui et elles se rebellent souvent en affirmant des gouts qui ne correspondent pas aux standards que l’éducation leur a donné et les parents doivent accepter les gouts de leurs enfants en matière de sexualité : on ne choisit pas d’aimer une personne plus qu’une autre.
La liberté sexuelle permet d’être heureux/heureuse et d’être en conformité avec nos gouts personnels.
C- La mère devient grand-mère
Les mères sont destinées à être grand-mère. C’est le sens normal de la vie. Les petits-enfants sont des mini descendants et les grands-parents sont contents de les voir grandir et d’observer leur fille dans son rôle de mère. Finalement, la jeune grand-mère est heureuse car c’est un rôle différent de celui de mère de famille. Elle peut être enfin une grand-mère gâteau, et passer son temps à couvrir ses petits-enfants de cadeaux : des vêtements, des surprises. Elle encourage et accompagne sa fille dans sa maternité. Elle la guide lorsqu’il y a besoin et le conflit mère fille s’estompe généralement à l’arrivée du premier petit-enfant. Ceux-ci ne sont pas ses enfants, et elle n’est pas responsable de leur éducation. Le rôle de la grand-mère est différent. Ce sont les parents qui prennent toutes les décisions et qui élèvent l’enfant jusqu’à son départ de la maison et après mais d’une manière différente. Au début, la gestion de la maison peut paraître compliqué car il y a beaucoup de choses à effectuer dans un temps consacré en plus de la vie publique et professionnelle. Il n’y a plus les parents pour faire le ménage et pour cuisiner. Par ménage, j’entends la gestion de la maison et son entretien : repeindre les murs par exemple.
Un bébé prend beaucoup de temps et crée une énorme charge mentale car avoir un enfant est compliqué, surtout lorsque c’est un nouveau-né.
- Les raisons du conflit entre la mère et sa fille
La fille doit “tuer la mère” symboliquement pour être mère à son tour. C’est un conflit essentiel qui permet de fonder sa propre famille.
A- “Je ne veux pas être grand-mère”
Le conflit entre la mère et la fille se déchaine lorsque la fille souhaite devenir mère à son tour, contre le souhait de sa mère qui fait tout pour dissuader sa fille de tomber enceinte.
Il n’y a pas le choix : la mère doit céder et la fille fait tout pour que sa mère cède et arrête de l’embêter à cause de ça. La future grand-mère devra accepter la situation surtout lorsque sa fille tombe enceinte pour la première fois. Il ne faut pas que la mère puisse imposer ses choix de vie et bloquer les projets de sa fille. Celle-ci restera toujours le bébé de sa mère jusqu’à sa mort.
Lorsque la mère finit par céder, la fille se développe normalement pour se préparer à une éventuelle maternité. Sa mère verra le ventre de sa fille devenir de plus en plus rond, elle prendra du temps pour aider sa fille en gardant ses enfants pendant les vacances, par exemple. Elle lui apprendra à être mère à son tour, tout au long de l’éducation et elle sera là pour sa fille lorsque les enfants quitteront le nid pour voler de leurs propres ailes. A son tour, la mère devient grand-mère et le cycle continue.
Pour devenir mère, il faut franchir des étapes et comprendre beaucoup de choses notamment pourquoi sa propre mère ne veut pas devenir grand-mère et il faudra se dire que quand notre fille sera grande, elle aura envie d’avoir un enfant ou plusieurs et que je ne pourrais pas m’y opposer parce qu’elle ne me laissera pas le choix. Je devrais accepter qu’elle soit devenue une femme.
B- “Tuer la mère” pour avoir un enfant
Pour devenir mère, il faut “tuer sa propre mère” symboliquement et psychologiquement. Il faut comprendre que vous avez le droit de mener la vie comme vous l’entendez et que vous avez le droit d’être enceinte et mère. Le rôle de mère commence à l’annonce de la grossesse car la femme doit faire attention au bon développement de son enfant in utéro.
Votre mère n’a pas le droit de s’opposer à ce désir extrêmement naturel. Une femme a le droit d’avoir des enfants et personne ne doit lui dire que c’est quelque chose d’interdit. Avec le temps, la nouvelle grand-mère sera ravie de prendre soin des enfants de sa fille. De jolis vêtements, des gâteaux et beaucoup d’Amour. Je sais que la mienne sera comme ça le moment venu. Je ne suis pas en train d’annoncer quelque chose à ma famille. Mais je ne laisserais pas le choix à ma mère, elle devra l’accepter parce que c’est un mal pour un bien.
Voilà comment tuer la mère symboliquement et psychologiquement : il faut tomber enceinte et ne pas écouter sa mère. Il ne faut pas lui laisser le choix…. C’est normal pour une future grand-mère d’avoir peur et de ne pas accepter la femme que sa petite fille est devenue. Sa fille sera toujours son bébé d’amour. Ça ne changera jamais car la mère se conduit comme elle l’a toujours fait quand elle s’opposait aux envies et aux décisions de sa fille. Mais, la fille ose braver l’interdit de la maternité.
Certaines disputes sont plus longues que d’autres. La mère donne toujours les mêmes arguments et la fille dit toujours non à sa mère.
C- La symbolique de ce conflit
La mère dit :
_ Tu comprends, je ne voulais pas d’enfant et tu es née. Je n’aimais pas être enceinte. Tu es arrivée et je n’ai pas su prendre soin de toi. Après ta naissance, je suis tombée tellement malade qu’il a fallu t’éloigner.
Les enfants de mères en dépression post-partum se sentent abandonnés et souvent, ils manquent de soins et d’attention pendant le maternage qui suit la naissance.
Peut-on parler de maltraitance ? Certaines femmes, comme celle de Marina S., rejettent leur enfant qu’elles font placer en famille d’accueil et qu’elles vont récupérer sous la pression familiale même si elles n’aiment pas leur enfant, ou très peu, leur bébé et qu’elles ne veulent pas s’en occuper à temps plein.
Comment expliquer qu’une femme rejette un de ses enfants et pas les autres ? Les psychiatres disent qu’il faut explorer le psychisme de ces femmes et la façon dont elles se sont construites pendant leur petite enfance. Leur mère était-elle défaillante ? Était-ce une grossesse désirée ?
Il y a beaucoup d’explications et la dépression post-partum en est une. Dans ce cas, il vaut mieux éloigner l’enfant lorsqu’elle va tellement mal qu’elle dit vouloir tuer le nouveau-né.
Le déni de grossesse peut expliquer le rejet. Inconsciemment, la femme savait qu’elle portait un bébé mais elle rejetait la grossesse et donc, son nouvel enfant. Il y en a même qui ne se rappellent pas d’avoir accouché.
Quel est le moyen de faire sauter le déni de grossesse et d’accepter la grossesse et la maternité ? Nous le verrons dans un prochain article.
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La relation mère-fille est toujours compliquée mais la mère doit comprendre et accepter que sa fille est une adulte et qu’elle peut, à son tour, devenir maman d’un petit-enfant et la mère devient grand-mère.
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